le 19/04/2018

L’EVOLUTION DU MODELE ECONOMIQUE DES STATIONS DE SKI

Parmi les nombreuses conférences qui se sont déroulées lors de la deuxième journée de Mountain Planet, on retiendra notamment la table ronde « Mutation et évolution du modèle économique des stations », organisée par Mountain Planet et qui réunissait un aréopage d’experts internationaux : Agnès PANNIER-RUNACHER (Directrice Générale Déléguée de la Compagnie des Alpes), Li YI, (PDG de Vanda Indoor SKI, Chine), Aleksandre ONOPRISHVILI (Director of Mountain Resorts Development, Mountain Resorts of Georgia) et JIMMY ACKERSON (General Manager, Corralco Resort de Montaña, Chili). Voici les idées forces qu’ils ont échangées devant une salle comble.

Les expériences géorgienne et chilienne.
Ces deux pays ont en commun un développement récent de l’activité du ski, et ont donc intégré le développement durable dans leurs modèles. « La Géorgie a réalisé 7.5 millions journées-skieurs en 2017 et a plein de projets pour poursuivre la croissance de son activité, qui intègrent les dimensions sociales et environnementales », déclare Aleksandre ONOPRISHVILI. JIMMY ACKERSON tient le même discours : « Nous pouvons développer un modèle propre au Chili, qui donne envie à ses habitants et aux jeunes de découvrir un sport encore méconnu, et attirer les skieurs étrangers, du Brésil à l’Europe en passant par l’Amérique du Nord ».

France : le témoignage de la Compagnie Des Alpes (CDA).
La CDA a réalisé un élargissement indispensable de ses activités originelles (gestion de domaines skiables) en intégrant d’autres activités (immobilier, tour-operating etc) où le client est au centre de toutes les problématiques. Pour Agnès PANNIER-RUNACHER, les stations doivent proposer plus d’activités, dans une offre globale centrée autour du client. En effet, aujourd’hui, avec le progrès des remontées mécaniques, les temps d’attente sont réduits, ce qui permet d’augmenter le temps passé à skier par rapport au temps passé sur les pistes : les skieurs ont donc tendance à réduire ce temps pour rechercher d’autres activités, avec « des demandes à classer en deux catégories, confie Agnès PANNIER-RUNACHER : tout ce qui coupe de la brutalité du monde urbain (spa, bien-être, détente…), et paradoxalement, toutes les activités à sensations fortes qui procurent de l’adrénaline. Le gage de succès est de savamment doser les deux types, en évitant le « saupoudrage » et les activités « gadgets », et en développant des investissements sur 15 ou 20 ans, l’idée étant d’aller à la montagne et pas seulement au ski ». Il faut également proposer une offre globalisée au client, et faciliter son parcours. Car « L’expérience client commence dès que celui-ci se dit : si je partais au ski ? », affirme Agnès PANNIER-RUNACHER.

La Chine emprunte des voies très variées.
Le pays compte à ce jour 700 stations et poursuit ce développement à un rythme effréné. Mais une majorité d’entre elles comptent moins de cinq remontées mécaniques. Cependant, chaque année, une station de classe internationale sort du sol chinois. Sans oublier les ski-dômes, véritable spécificité du pays. « En Chine, la deuxième génération de skieurs se développe, plus jeune, plus avide de nouveautés et de modernité, explique Li YI, sans oublier la politique du deuxième enfant : les familles chinoises vont s’agrandir, et chercher de plus en plus à partir le week-end dans un lieu facile d’accès, convivial, ludique et avec des activités pour tous. C’est pourquoi les ski-dômes ont le vent en poupe ».

Intégrer le développement durable, varier les activités, globaliser l’offre au client pour faciliter ses démarches : voici donc quelques pistes au sujet de l’évolution du modèle économique des stations. Lors de la conférence qui a réuni Marie-Noëlle Battistel (Présidente de l’Association Nationale des Elus de la Montagne) et Pierre LESTAS (Président Domaines Skiables de France), Pierre Lestas confirme : « Les stations françaises ont passé un bon hiver, avec environ 54 millions de skieurs. Nous pouvons faire encore mieux et viser le cap des 60 millions en rajeunissant notre clientèle et mettant en place un plan immobilier concerté ». « Sans oublier l’économie circulaire, ajoute Marie-Noëlle Battistel, une pratique toujours d’actualité en montagne ». Les différentes conférences organisées par Mountain Planet ont fait le plein d’auditeurs, car, en plus d’être un lieu d’exposition des savoir-faire industriels de la montagne, le salon est également un lieu d’échange et de prospective pour l’ensemble des filières concernées.

Le salon se termine vendredi 20 avril. Demain, l’un des temps forts sera la table ronde L’intégration des enjeux environnementaux dans la station de demain. Les intervenants sont :
• Thomas SPIEGELBERGER, directeur de Recherche, Institut national de recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture (IRSTEA), France
• Mauro BASSIGNANA, l’Institut Agricole Régional, Aoste Italie
• Pascal De THIERSANT, Président du Directoire Société des Trois Vallées, France
• Kevin SMITH, Manager Mountain Operations, Grouse Mountain Resort
• Jean-Pierre ROUGEAUX, Maire de Valloire et Président de la Commission Cimes Durables de l’ANMS


Mountain Planet en chiffres
Créé en 1974 à Grenoble, Mountain Planet est le salon mondial de l’aménagement et de l’industrie de la montagne. Il permet aux professionnels de la filière de dévoiler innovations et dernières tendances/technologies pour aménager durablement la montagne en été et en hiver. Mountain Planet accueille plus de 900 exposants et marques internationaux. Sa surface d’exposition est de 42 000 m2. Plus de 18 000 visiteurs professionnels en provenance de plus de 60 pays viennent à chaque édition. Plus d’infos sur : mountain-planet.com



 

Alexandre Bérard alex@alternativemedia.fr
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